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Atrophie progressive de la rétine chez le chien

L'atrophie progressive de la rétine chez le chien regroupe des maladies génétiques qui détruisent les photorécepteurs de la rétine, les bâtonnets le plus souvent, puis les cônes.

L’atrophie progressive de la rétine chez le chien regroupe des maladies génétiques qui détruisent les photorécepteurs de la rétine, les bâtonnets le plus souvent, puis les cônes. Les mutations identifiées à ce jour sont la prcd, transmise sur un mode autosomique récessif, et les formes rcd1, rcd2, rcd3 et rcd4, décrites chez des races précises. Le dépistage repose sur des tests ADN pour les mutations connues et sur l’examen ophtalmoscopique ou l’électrorétinographie lorsque la cause génétique n’est pas encore caractérisée.

Quelles mutations provoquent une atrophie progressive de la rétine ?

La mutation prcd (progressive rod-cone degeneration) est la plus répandue. Elle touche les bâtonnets avant les cônes et suit une transmission autosomique récessive : un chien doit recevoir une copie mutée de chaque parent pour être atteint, tandis qu’un porteur hétérozygote ne présente aucun signe clinique mais transmet la mutation à sa descendance. Elle a été décrite chez le caniche nain et toy, le cocker américain et anglais, le labrador retriever, le golden retriever, le chien de berger australien, le berger de Shetland, le chien d’eau portugais et plusieurs terriers.

Les formes rcd forment un second ensemble. rcd1 a été identifiée chez le caniche nain et le cocker, rcd2 chez le colley et le border collie, rcd3 chez le cardigan welsh corgi, rcd4 chez le berger de Shetland et le golden retriever. Chaque mutation correspond à un gène et à un mode de transmission propres, ce qui explique qu’un même chien puisse être indemne pour une forme et porteur pour une autre. Le site Progressive Retinal Atrophy - Canine Retinal Genetics Research détaille ces mécanismes par race et rappelle que la atrophie progressive de la rétine n’est pas une entité unique mais un ensemble de maladies distinctes sur le plan moléculaire.

D’autres gènes restent à identifier. Chez certaines races, la maladie est cliniquement documentée sans qu’aucune mutation causale ne soit connue, ce qui limite le dépistage génétique aux examens cliniques et à la généalogie.

Quelles races sont concernées par un dépistage prcd ?

Le dépistage prcd par test ADN concerne en priorité les races où la mutation est établie et où sa fréquence justifie un suivi des reproducteurs. Les laboratoires proposent un prélèvement sanguin ou buccal, et le résultat classe le chien en trois catégories : homozygote normal, hétérozygote porteur, homozygote atteint. Un chien porteur ne développe pas la maladie mais transmet une copie mutée à environ la moitié de sa descendance.

Le calcul d’accouplement en découle. Un chien atteint croisé avec un chien normal produit uniquement des porteurs. Deux porteurs produisent en moyenne un quart d’atteints, la moitié de porteurs et un quart d’individus normaux. L’objectif des éleveurs est donc d’éviter l’accouplement de deux porteurs, sans exclure systématiquement les porteurs de la reproduction, ce qui appauvrirait la diversité génétique de races déjà peu nombreuses.

Les registres officiels complètent le dispositif. L’OFA aux États-Unis, le BVA/KC au Royaume-Uni et l’ECVO en Europe enregistrent les résultats d’examens oculaires et, pour certains, les génotypes. Ces bases permettent de vérifier le statut d’un chien avant de le faire reproduire et de suivre l’évolution de la fréquence des mutations dans une race sur plusieurs générations.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le test ADN ne couvre que les mutations connues. Lorsqu’aucune mutation n’est identifiée dans la race du chien, le diagnostic passe par l’examen clinique. L’ophtalmoscopie, réalisée par un vétérinaire ophtalmologiste, recherche une hyperréflectivité du fond d’œil, un amincissement des vaisseaux rétiniens et une pâleur de la papille optique. Ces signes apparaissent souvent avant que le propriétaire ne remarque une baisse de vision.

L’électrorétinographie mesure la réponse électrique de la rétine à un stimulus lumineux. C’est l’examen de référence pour détecter une atteinte débutante, notamment chez les chiens de travail ou les reproducteurs dont l’examen ophtalmoscopique reste normal. Il se pratique sous anesthésie générale ou sédation et donne un tracé comparé à des valeurs de référence par race et par âge.

La combinaison des deux approches est fréquente. Un chien peut avoir un test ADN négatif pour la prcd et présenter des signes cliniques relevant d’une autre forme. Inversement, un chien porteur d’une mutation connue peut rester asymptomatique plusieurs années, car l’expression de la maladie dépend de l’âge et parfois d’autres facteurs génétiques.

Comment accompagner un chien qui perd la vue ?

L’atrophie progressive de la rétine évolue vers une cécité complète, généralement sur plusieurs mois à plusieurs années selon la forme et la race. La progression est indolore et le chien compense longtemps grâce à son odorat et à sa mémoire des lieux. Les premiers signes visibles sont une hésitation dans les environnements nouveaux, une difficulté à retrouver un jouet lancé ou une réaction exagérée au bruit.

L’aménagement du domicile limite les risques. Les meubles restent à leur place, les gamelles et le panier ne bougent pas, les angles saillants sont protégés et les escaliers sécurisés par une barrière. Un tapis texturé au pied de l’escalier sert de repère au sol. Les sorties se font de préférence sur des parcours connus, en laisse, avec un harnais qui permet de guider sans tirer.

La cataracte secondaire est une complication fréquente de certaines formes d’atrophie progressive de la rétine. Elle peut être surveillée par un vétérinaire ophtalmologiste, et son traitement chirurgical ne restaure pas la vision perdue par atteinte rétinienne. La nutrition et le poids sont suivis, un chien en surpoids ayant plus de difficulté à se déplacer dans un espace qu’il ne voit plus.

Le soutien émotionnel du propriétaire compte autant que l’adaptation matérielle. La perte de vision d’un chien modifie la relation quotidienne, et les associations de propriétaires, les forums spécialisés et les vétérinaires comportementalistes apportent des repères concrets. Des essais de thérapie génique sont en cours pour certaines formes héréditaires, notamment la rcd3 et des formes liées à des gènes identifiés récemment, mais ils restent à un stade expérimental et ne concernent pas encore l’ensemble des mutations.

Quels repères pour un chien déjà atteint ?

Un chien aveugle conserve une qualité de vie correcte si son environnement reste stable. Les signes de stress se repèrent à une agitation accrue, des aboiements nocturnes ou un refus de sortir. Une routine horaire fixe, des jeux olfactifs et des interactions verbales soutenues compensent en partie la perte visuelle.

L’assurance santé animale peut couvrir tout ou partie des examens de diagnostic et du suivi, selon les contrats et les exclusions liées aux maladies héréditaires. Il est utile de vérifier les clauses avant de souscrire, car les affections génétiques sont souvent exclues ou soumises à des conditions d’âge.

Enfin, la stérilisation des chiens atteints et le dépistage des reproducteurs restent les moyens les plus efficaces de réduire l’incidence de ces maladies dans les races concernées. La décision se prend avec un vétérinaire et, si possible, un conseiller génétique, en tenant compte du statut des deux parents.

L’atrophie progressive de la rétine et les affections liées au gène merle relèvent de mécanismes génétiques distincts, mais elles partagent un point commun : la nécessité de connaître le statut des reproducteurs avant toute saillie. Le gène merle éclaircit certaines zones du pelage tout en laissant des taches pigmentées, et la présence de deux copies est associée à des risques auditifs et oculaires. Comprendre les allèles merle et double merle permet donc d’évaluer la probabilité d’une descendance atteinte et d’écarter les accouplements à risque, comme on le fait pour les maladies héréditaires de la vision.

Sources

  • https://www.fci.be/fr/
  • https://ecvo.org/

Mis à jour le 2026-09-16.

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